La fabrique des makers.


Que ce soient les HackerSpaces, les MakerSpaces ou les FabLabs, ce sont des lieux où l’on ne fabrique jamais pour les autres !
Ce sont des lieux où l’on apprend à faire ! Ce sont des fabriques de makers.

Ce que Covid-19 nous a fait faire.

1) Le coronavirus nous a mis dans une situation où nous n’avons pas eu le choix, il fallait faire vite, beaucoup et pour les autres !
2) On n’a jamais eu le temps de concevoir le produit à fabriquer et la plupart des makers se sont mis à produire des designs faits par d’autres pour des questions d’homologation parfois, mais pas toujours. Ces modèles sont souvent sous licence cc-by-nc-sa, donc non commerciale, cela n’avait pas d’importance tant que les produits n’étaient pas commercialisés. Cela pourrait en avoir dans l’avenir.
3) Pour le projet dans lequel nous nous sommes engagés, il nous a fallu en plus prendre des précautions liées à l’utilisation du produit en milieu hospitalier et réaliser un modèle correspondant exactement à un produit existant.
Pour ce qui est déjà du deuxième problème, celui du devoir d’inventer, les FabLabs s’y sont mis quand ils ont pu le faire, Monsieur Bidouille parle à juste titre de l’espace R&D qu’ils ont constitué : https://www.youtube.com/watch?v=lnM7UVT2i-o


Il faut que les FabLabs puissent reprendre cette autonomie de créativité, car il est stupide de faire un modèle unique de visière pour tous les corps de métier, il faut concevoir des dispositifs différents avec celles et ceux qui vont les utiliser dans des circonstances bien différentes.

Il faut penser à économiser la matière première et à son recyclage, il y a plein de choses à faire plutôt qu’une boutique en ligne de visières !

Tout cela se fera dans des FabLabs ou dans des MakerSapces qui fonctionnent aussi comme des FabLabs ou dans des Hackerspaces qui parfois fonctionnent comme des Makerspaces et des FabLabs. Toujours dans des ateliers où les gens partagent savoir et savoir-faire.

C’est ainsi et seulement ainsi que nous ferons face demain aux coups durs qui nous attendent et que des milliers de femmes d’hommes se retrouveront en homo faber et non pas en consommateurs impuissants.

Richard le 13 mai 2020

Covid19: FabLab fermé intense activité !

Depuis le 4 avril nous avons mis une énorme machine en route pour fournir 45000 écrans de lunettes découpées dans un film de mylar et 7000 montures imprimées en PETG. Ces gros chiffres ont été demandés par le service des achats du HUG-CHUV qui nous a fait confiance pour mettre le personnel hospitalier à l’abri d’une pénurie de ce dispositif de protection.

En même temps que nous faisions le modèle de la monture pour l’imprimer en 3d nous cherchions à mobiliser l’ensemble des FabLabs suisses et du MakerSpace de Lausanne pour trouver la matière première et les forces pour couvrir tous les aspects d’un tel projet.

Heureusement un entrepreneur nous a aidés non seulement à acheter la matière première nécessaire à la fabrication des écrans à un moment où il devenait difficile de s’en procurer (fin mars début avril) mais en plus, il a pu transformer son outil de production (découpe de voiles) pour ce projet.

https://www.rts.ch/play/tv/12h45/video/le-tissu-economique-se-reoriente-pour-sadapter-aux-nouveaux-besoins-de-masques-?id=11286377

La mobilisation des membres de ces espaces où l’on aime tant faire avec les autres dans les ateliers a dû prendre une nouvelle tournure à cause du confinement. Il a fallu embarquer les imprimantes 3d à la maison et c’est souvent en famille que les montures ont été produites par une quinzaine de contributeurs.

L’imprimante 3d peut prendre une place insolite en phase de confinement…

Les montures placées par lot de 10 dans des sachets de congélation sont expédiées dans des cartons d’un peu plus de 100 lots au dépôt HUG-CHUV semaine après semaine.

Nous sommes donc passés du prototypage rapide à une forme de production non moins rapide…

Ce qui est saillant pour nous dans cette expérience comme nous l’expliquions dans notre précédent article est le rapport avec le collaboratoire de l’Unil qui nous a fait gagner la confiance des acheteurs du CHUV. Ensuite il y a eu l’aide que tous les fournisseurs de matière première nous ont apportée pour nous aider à trouver l’introuvable malgré le confinement. L’expérience prouve que le rapport entre entrepreneurs et FabLabs peut être d’une redoutable efficacité (par nos capacités à concevoir et à modéliser autant que par la multiplicité de nos contacts) et enfin, s’il en était encore besoin, que les membres des FabLabs sont aussi des Makers et que quand il faut faire, ils/elles font !

Richard 2 mai 2020

Covid19 : Que faisons-nous ?

Qui est ce nous ?
Plusieurs FabLabs de Suisse, que je ne vais pas citer de peur d’en oublier : fablab.ch


Le dimanche 22 mars nous avons demandé au responsable du ColLaboratoire de l’UNIL en contact avec les services de santé du canton, comment nous pouvions aider. Nous avons proposé de construire des visières de protection comme nous en voyions partout sur le net.
La réponse a été rapide  et est venue du CHUV : « Non ces grandes visières ne nous sont pas nécessaires, nous utilisons des lunettes et ne voudrions pas en manquer ».
Un membre du FabLab At3flo a pris contact avec un responsable des achats HUG-CHUV qui a donné un ordre de grandeur des besoins de plusieurs milliers de ces écrans de ces montures.

Nous nous sommes alors mis au travail pour modéliser une monture à imprimer en PETG ou en PLA et une forme d’écran à découper dans du Mylar de moins de 200 microns d’épaisseur.



Il fallait aussi s’assurer de disposer de la matière première en quantité suffisante pour en fabriquer plusieurs milliers, ce qui a été le plus difficile en cette période.
Heureusement le savoir-faire d’un de nos membres du FabLab  d’Yverdon conjugué à la bonne volonté de nos fournisseurs habituels nous a permis de nous engager à dire aux responsables de la centrale d’achat que les hôpitaux ne manqueraient pas de cet équipement !

L’initiative d’un industriel de la région est aussi venu à notre secours pour nous garantir la disponibilité de matière première, non seulement en important toute la matière qu’il fallait, mais aussi en mettant à disposition son outil, pour découper les écrans nécessaires pour les hôpitaux et des visières pour d’autres acteurs de la santé ou pour la protection plus générale des personnes exposées.

Ce samedi 4 avril, nous pouvons être tranquilles, nous sommes en mesure de fournir ces écrans et de fabriquer ces montures en impression 3d !

La question des visières.
Le premier modèle que nous avons vu et qui a marqué les esprits tant nous sommes attachés à son concepteur est celui de J.PRUSA.

Nous nous sommes cependant vite rendu compte que l’impression en 3d du support de la visière serait chronophage et qu’il fallait imaginer une production différente en évitant l’impression 3d si ancrée dans l’imaginaire collectif…
Les modèles des Polonais K.Klepacki et M Dyrda ont le mérite d’être faciles à produire en grand nombre, ce sont ceux que nous proposerons s’ils nous en étaient demandés.

Toutes informations utiles pour la fabrication : ici

Richard Le 4 avril 2020



Coronavirus

lunette de protection

Il a fallu que cette pandémie nous touche de plein fouet pour que je me remette à venir sur ce site pour donner des nouvelles de ce que nous faisons, des projets que nous réalisons et de l’état d’esprit avec lequel nous le faisons.

Commençons par le plus important, ce que nous faisons aujourd’hui pendant ce moment si particulier de notre vie sociale. Nous essayons de nous rendre utiles. Ce nous, c’est l’ensemble des makers et des membres des FabLabs suisses. Nous nous proposons de fabriquer ce qui manque dans les hôpitaux, en dehors des masques et de bien d’autres choses, à savoir des lunettes de protection.

lunette de protection

Vous voyez là le prototype que nous avons construits et discutés avec des membres de différents FabLabs. Une fois le prototype validé, modifié, établi, nous allons nous mettre à le produire à des centaines d’exemplaire dans plusieurs de nos ateliers, Makerspaces ou FabLabs.

Richard le 25 mars 2020

Une affiche pour le FabLab

Profitant de la réalisation de notre version du polargraph nous nous sommes amusés à réaliser une affiche pour le FabLab. Plutôt que d’utiliser celle très réussie du graphiste de la BCUL, nous en avons créé une à notre style beaucoup moins professionnelle. Nous l’imprimons et la polargraphons…

Automne 2018

Nous avons délaissé l’écriture d’articles sur le site tellement nous avons d’activités dans cette IRL (In Real Life). Pourtant vous auriez de passionnantes aventures à lire…

  • Nous avons réalisé pour et avec Catherine Bolle une centaine de « tavillons » en PET pour une installation. L’épopée de cette aventure est écrite, il va nous falloir la mettre à disposition. Vous allez pouvoir voir l’installation à la Grange de Dorigny « La ruche humaine ».

  • Nous revisitons la construction d’un polargraph pour la manifestation Cosmos au palais de Rumine. Nous y serons tous les jeudis soir de 18h à 22h des mois d’octobre et novembre, dans un FabLab éphémère…

  • Nous avons été avec notre polargraph pour fêter les 40 ans du centre socioculturel de la Bourdonette.
  • Nous serons à LemanMake ces 29 et 30 septembre à la salle des fêtes de Renens.

MuseomixCH cuvée 2017

On ne sait comment sera appréciée la cuvée MuseomixCH 2017, mais de notre point de vue de hackers ces 3 jours de vendange étaient parfaitement bien réussis. PTL, Octanis, FacLab, FabLac et FabLabs avons injecté tout notre savoir d’aider à faire. Même si la vigne était artificielle cette année dans cet ArtLab de l’EPFL avec des grains de raison plutôt que des grains de raisin. Tout s’est passé presque sans pépin  – le premier communiqué de Mediacom-epfl ne mentionnait pas la présence des FabLabs ni des Hackerspace , mais cela fut vite corrigé…

Heureusement, le retour à Gaïa était dans l’esprit des museomixeurs et nous nous sommes retrouvés sous un arbre (presque vrai) devant un paysage (presque vrai) dans une Venise encore bien là, avec bien plus de questions que de réponses. La vraie recherche donc, en toute humilité et simplicité !

Nous avons vécu à l’heure Museomix en invitant les visiteurs à venir rejoindre nos laboratoires citoyens. Nous sommes persuadés qu’ils viendront mixer notre histoire avec nous. Comme le crient 15 000 scientifiques dans Le Monde du 14 novembre 2017, « Il sera bientôt trop tard… » Nous comptons tout prochainement organiser notre seconde conférence du FabLab Renens intitulée « Droit dans le mur ? »

Compte rendu tout personnel de Richard le 15.11.2017

La chaise longue

Pour le 250e anniversaire de la bibliothèque de Morges, nous avons participé à la manifestation « La chaise dans tous ses états » à l’espace 81  du 25 au 28 octobre.

Le sculpteur Daniel Berset y exposait quelques belles pièces, dans une salle entourée de photographies de Christian Coigny et de modèles réduits de chaises mythiques pour mettre aussi le design à l’honneur.
Notre FabLab a été invité à faire une démonstration d’impression 3d.

Nous avons choisi de réaliser un modèle de chaise longue pour montrer la possibilité d’imprimer cadres, articulations et toile en une seule pièce.

Le modèle est réalisé avec OpenScad. Vous pouvez le trouver ici.

Pas de miracle… coupe au niveau de l’axe…

La microdelta a fasciné les visiteurs avec le magnifique mouvement de ses trois bras, inventé par Reymond Clavel. De charmants petits objets articulés ont ainsi été réalisés à partir d’un bio-polymère en une trentaine de minutes.

Richard  Le 6 novembre 2017.

Derrière le poste…

Les médias parlent de plus en plus du FabLab. À la radio ou à la télé, on ne va pas s’en plaindre, cela invite beaucoup de monde à venir découvrir nos fabuleux espaces. Il y a tellement de différences avec tout ce que l’on peut trouver ailleurs sur tant de domaines que souvent les journalistes se cantonnent à un objet emblématique du lieu, l’imprimante 3d !

Quand ils ne le font pas, on ne peut que s’en réjouir…

A la radio Xavier Bloch a visité plusieurs FabLabs de Suisse romande et a découpé son émission en 4 tranches diffusées du 9 au 13 janvier sur rts1,  cela donne une bonne idée de la diversité et de l’esprit des lieux.

La réalisatrice de Nouvo@rts.ch aborde un sujet bien délicat – celui de l’éthique des FabLabs vis-à- vis de l’esprit des startups en moins de 3 minutes. Un tel thème mériterait un développement bien plus long pour montrer en quoi cette différence est bénéfique pour tout le monde dans notre société hyper technicisée. Cette émission ne le permettait pas.

En dehors de la correction qui s’impose, sur mon statut de collaborateur scientifique qui a été hissé à celui de prof, le montage n’a pas trahi ce que j’ai exposé. On peut donc prendre le temps ici d’en dire plus sur le contexte dans lequel ces séquences ont été prises. Le 20 décembre 2016 aux Ateliers de Renens lors d’une réunion de fin d’année où tous les occupants du lieu se présentaient. Il est évident que parmi toutes les startups et l’incubateur MassChallenge, nous apparaissions comme un cheveu dans la soupe, et c’est ce cheveu que Séverine Chave est venue filmer. Nous partageons un local de 117m2 avec le hackerspace FIXME au premier étage des Ateliers, l’ambiance contraste avec le 3e étage des anciens IRL entièrement rénové pour abriter les jeunes pousses lauréates de MC ! Il était donc normal de parler de ce qui nous différenciait des autres occupants du lieu et de dire pourquoi à l’abri des soucis du marketing et des problèmes financiers, nous pouvions pleinement nous consacrer aux réflexions sur le rapport technique/société. La lecture du livre publié sous la direction d’Alain Kaufmann et de Dominique Bourg de l’UNIL « L’age de la transition » En route pour la reconversion écologique ne pouvait que m’avoir influencé ! Cette publication donne la parole à des économistes, physiciens, philosophes, sociologues, ingénieurs ou biologistes préoccupés de notre avenir dans la biosphère et convaincus qu’il faut d’urgence nous engager dans de nouvelles voies de développement. Si la technique est à la fois un remède et un poison, refusons de nous empoisonner.

Richard Timsit

Réactions en chaîne…

Un projet tout à fait particulier.

Gianpaolo de l’association Hackuarium voisine est venu visiter notre FabLab et m’a parlé de l’emballage de l’un des ses prototypes constitué d’une petite coupelle devant permettre une réaction chimique. J’ai pensé qu’un thermoformage conviendrait bien à son application.

Quelques jours plus tard, il m’a mis en contact avec Adrien, étudiant en chimie à l’Epfl faisant un travail de diplôme sur ce réacteur et devant le terminer rapidement. Il m’a demandé d’imprimer plusieurs pièces à plusieurs reprises n’ayant aucun moyen de faire cela en dehors d’un FabLab… Nous n’avons pas vocation à rendre des services d’impression 3d à la demande, mais pour aider Gianpaolo et Adrien nous l’avons fait. Nous avions une autre excellente raison d’aider ce tandem, nous voulions valider le conseil donné et passer à l’acte sur la confection d’une machine utile au FabLab !

Alors, à toute allure, nous avons repris le projet de la confection d’une machine à thermoformer du plastique.

Un radiant de salle de bain à infrarouge de 1500w à moins de 17 CHF dans une grande surface, du carton réfractaire, de la bande d’aluminium autocollante et s’en est fait du caisson chauffant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La modification du SVG produit par l’excellente application de génération de modèles de boites à découper au laser en ligne. Quelques minutes de découpe laser, un peu de colle à bois et la machine est prête.

 

On confectionne un petit cadre en bois qui va maintenir le plastique pendant la chauffe et au moment de l’application sur le modèle.

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On chauffe du PETG un peu moins de 3 minutes. On branche l’aspirateur, on applique le plastique mou sur la pièce et il vient épouser ses formes avec le minimum de plis. Il faut chercher la température et le mouvement qui conviennent le mieux pour éviter ces plis.

Notre modèle n’étant pas bien haut, il nous a été possible de le renverser sur un support pour le découper proprement au laser.

La livraison s’est faite dans les temps à la suite de toute ces réactions en chaine !

 

 

 

 

 

 

 

Nous publierons bientôt le plan et la liste des fournitures/fournisseurs de notre machine à thermoformer.